
Parent Efficace décrit la méthode mise au point par le Dr. Thomas Gordon pour gérer la relation parent-enfant. Dr Gordon a travaillé directement avec Carl Rogers et est l’un des disciple du courant de pensée Humaniste.
J’ai trouvé cet excellent résumé de l’atelier Parent Efficace sur le site de Humanisme pur:
J’ai beaucoup apprécié ce livre, tant pour la qualité des conseils appuyés sur une expérience concrète (des milliers de parents aidés, plusieurs décennies d’expérience, une multitude de témoignages), que pour la réflexion qu’il m’inspire sur la notion de pouvoir.
Les propos tenus y sont souvent révolutionnaires, loin des idées reçues. Les parents n’auraient pas besoin de faire front uni devant l’enfant. La crise d’adolescence ne serait pas une nécessité biologique, mais le résultat d’une éducation universellement autoritaire*. L’autorité n’est pas nécessaire et ne satisfait pas un besoin de l’enfant. Etc.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas pour autant d’un éloge de la permissivité. L’auteur dénonce sans ambages le désastre des « enfants gâtés » et ce qui y conduit.D’après ses observations, il existe principalement trois catégories de parents. Ceux qui « gagnent », en utilisant l’autorité, la punition etc. Ceux qui « perdent », parce qu’ils cèdent aux caprices de leur progéniture. Et ceux qui oscillent entre gagner et perdre. Ce sont les plus nombreux et c’est la pire situation…
Il propose, quant à lui, une « troisième » approche, la méthode « sans-perdant » ou « gagnant-gagnant ».La « première approche » produit des êtres craintifs, peu créatifs, incapables d’auto-discipline, qui se révoltent généralement à l’adolescence, devenant rebelles.
La deuxième approche, produit des êtres dominateurs, également incapables d’auto-discipline et asociaux.
Les victimes des deux premières approches reproduisent avec leurs relations (dont leurs propres enfants), le seul type de rapport auquel ils ont été habitués : les rapports de force, dominant/dominé. Ainsi, les enfants victimes de parents autoritaires se comportent de façon autoritaire et violente par rapport à plus faibles qu’eux.Pour résoudre les problèmes domestiques, l’auteur invite à faire la distinction entre trois cas : 1) le problème appartient à l’enfant (c’est lui qui est en souffrance) ; 2) le problème appartient au parent ; 3) le problème appartient aux deux.
Lorsque le problème appartient à l’enfant, il faut employer des messages « tu », mais pas n’importe lesquels ! Il s’agit de l’ « écoute active ». Cette technique consiste à renvoyer à l’enfant ce que l’on devine comme étant ses propres sentiments, afin qu’il fasse en quelque sorte son auto-analyse par la parole. La plupart des parents ne sont pas vraiment dans l’écoute et offrent tout de suite à l’enfant, un conseil, un message gentil pour le rassurer, à moins qu’il ne s’agisse d’un jugement, d’une menace, d’un ordre ou d’un interrogatoire… (l’auteur énumère ainsi 12 obstacles à l’écoute active).
Lorsque l’enfant fait une bêtise qui ne le gêne pas lui (il laisse traîner ses jouets parterre, il interrompt une conversation etc.), mais gêne le parent, le problème appartient au parent : c’est lui qui souffre.
Dans ce cas, le parent ne doit pas faire de l’écoute active, mais utiliser des messages « je », pour exprimer ses sentiments. L’enfant est ainsi amené à « aider » son parent, et non pas à lui obéir…
Enfin, le problème appartient aux deux lorsqu’il y a conflit de besoins. L’enfant nuit à un besoin de ses parents, mais c’est pour satisfaire un besoin propre, parfaitement compréhensible… Les protagonistes doivent alors chercher une solution qui les satisfasse tous les deux. Les deux désirs, tels qu’initialement formulés, sont généralement incompatibles, il importe alors que chacun aille chercher les besoins fondamentaux que son « désir » satisfait (grâce, par exemple, à de l’écoute active…) afin qu’une solution élégante et originale soit trouvée. Il ne s’agit donc pas d’une solution de compromis où les protagonistes seraient tous partiellement perdants…Ce que propose Gordon est ni plus ni moins qu’une habile négociation entre être humains, d’égal à égal, en lieu et place d’un rapport de force où chacun cherche à manipuler l’autre (pour satisfaire ses propres désirs). Il propose que l’adulte descende de son piédestal, de façon à ce que son enfant l’aime en tant qu’humain, au lieu de le craindre en tant que dieu… L’auteur appelle à une communication authentique, à laisser tomber les « masques », les rôles sociaux…
Cette approche se heurte au conditionnement culturel en vertu duquel le parent doit éduquer, dresser son enfant, incarner une autorité (qui serait certes « juste ») avec la menace de ne pas être un parent « responsable »… On craint qu’en abandonnant notre « autorité », l’enfant ne devienne gâté. Fâcheux amalgame. Gordon invite à ne pas céder sur ses propres besoins… L’enfant doit apprendre, en quelque sorte, la vie en collectivité… Il invite à sortir de la logique de domination, que ce soit celle du parent, ou celle de l’enfant (lorsque le parent cède pour avoir la paix)…Il explique enfin que certains « conflits de besoins » ne peuvent être traités par la négociation (ni l’écoute active ou le message « je »). Il s’agit du cas où le « besoin » du parent n’est pas vraiment humainement fondamental mais correspond plutôt à la volonté de vouloir inculquer ses valeurs à l’enfant. Par exemple, un parent ne supporte pas que sa fille se maquille, ou ne travaille pas assez à l’école… Dans ce cas, le problème ne « concerne » véritablement que l’enfant, et si l’enfant ne se plaint pas, il n’est pas question de faire de l’écoute active (puisqu’il n’y a rien à écouter !). Pour que le parent soit réellement « concerné », il faut qu’il y ait une nuisance concrète et tangible à son encontre.
Aux parents qui veulent influencer les « valeurs » de leur enfant, l’auteur conseil de montrer l’exemple (avant tout discours), de se contenter d’informer, puis… de lâcher prise ! Le parent n’a pas à considérer l’enfant comme un prolongement de lui-même, comme sa propriété. Nous connaissons tous le cas de ces enfants contrariés dans leur vocation car devant se consacrer plutôt à la carrière désirée par leurs parents (un passage du film « le cercle des poètes disparu » évoque cette dramatique réalité).
